Virus de Bunyamwera

Orthobunyavirus bunyamweraense

Orthobunyavirus bunyamweraense
Description de l'image Defaut 2.svg.
Classification ICTV
Domaine Riboviria
Règne Orthornavirae
Embranchement Negarnaviricota
Sous-embr. Polyploviricotina
Classe Ellioviricetes
Ordre Bunyavirales
Famille Peribunyaviridae
Genre Orthobunyavirus

Espèce

Orthobunyavirus bunyamweraense
ICTV, 1975[1]

formes de rang inférieur

  • Batai virus
  • Birao virus
  • Bozo virus
  • Bunyamwera virus - 1943 prototype
  • Bunyamwera virus Laguna Larga
  • Cache Valley virus
  • Fort Sherman virus
  • Germiston virus
  • Iaco virus
  • Ilesha virus
  • Lokern virus
  • Maguari virus
  • Mboke virus
  • Ngari virus
  • Northway virus
  • Playas virus
  • Potosi virus
  • Santa Rosa virus
  • Shokwe virus
  • Tensaw virus
  • Tlacotalpan virus
  • Tucunduba virus
  • Xingu virus

Orthobunyavirus bunyamweraense (anciennement Bunyamwera orthobunyavirus, BUNV), ou virus de Bunyamwera, est une espèce de virus à ARN enveloppé simple brin de sens négatif de la famille des Peribunyaviridae et de l'ordre des Bunyavirales.

Il peut infecter les humains à qui il est transmis par Aedes aegypti (le moustique vecteur de la fièvre jaune)[2].

Il est nommé d'après Bunyamwera, une ville de l'ouest de l'Ouganda, où il a été isolé en 1943. Des virus recombinés dérivés du virus de Bunyamwera, comme le virus Ngari, ont été associés à de grandes épidémies de fièvre hémorragique virale au Kenya et en Somalie[3],[4],[5].

Biologie moléculaire

Génome du virus de Bunyamwera

La structure génétique de Bunyamwera orthobunyavirus est typique des Bunyavirales, qui sont un ordre de virus enveloppés à ARN monocaténaire de sens négatif avec un génome divisé en trois segments : petit (S), moyen (M) et grand (L). Le segment d'ARN L code une ARN polymérase ARN-dépendante (dite protéine L), le segment d'ARN M code deux glycoprotéines de surface (Gc et Gn) et une protéine non structurale (NSm), tandis que le segment d'ARN S code une protéine de nucléocapside (N) et, dans un cadre de lecture chevauchant alternatif, une seconde protéine non structurale (NSs)[6]. Les segments d'ARN génomique sont encapsidés par des copies de la protéine N sous forme de complexes ribonucléoprotéiques (RNP)[7]. La protéine N est la protéine la plus abondante dans les particules virales et les cellules infectées et, par conséquent, la cible principale de nombreux diagnostics sérologiques et moléculaires[8],[9].

Maladie chez l'humain

fièvre de Bunyamwera
Classification et ressources externes
CIM-10 A92.8
CIM-9 066.3

Wikipédia ne donne pas de conseils médicaux Mise en garde médicale

Chez l'humain, le virus de Bunyamwera — et notamment sa forme dite virus de Ngari — provoque la fièvre de Bunyamwera.

Virus de Ngari

La forme appelée virus de Ngari (NRIV)[10]recombinant (Bunyamwera x Batai), rattaché à l'espèce Bunyamwera orthobunyavirus, a causé de grandes épidémies de fièvre hémorragique virale en Afrique de l'Est. Il a été isolé pour la première fois au Sénégal en 1979 à partir de moustiques Aedes simpsoni[11].

Transmission

La principale forme de transmission du virus à l'humain se fait par les moustiques[11]. Bien que les moustiques soient la principale source, le virus a également été détecté dans des tiques Ixodidae trouvées sur du bétail en Guinée, mais rien n'indique qu'elles soient capables de propager le virus[12]. En outre, le virus a déjà été trouvé chez des chèvres et des moutons en Mauritanie[13].

Géographie

Le virus a été signalé principalement dans des pays africains, dont la Mauritanie, le Sénégal, le Soudan, la République centrafricaine, la RDC, le Kenya, la Somalie, l'Afrique du Sud et Madagascar[11].

Symptômes

Les humains infectés par le virus développent généralement une fièvre hémorragique sévère à mortelle[10].

Notes et références

  1. ↑ (en) « Virus Taxonomy: 2023 Release », ICTV, (consulté le ).
  2. ↑ « Bunyamwera virus (BUNV) »
  3. ↑ Gerrard SR, Li L, Barrett AD, Nichol ST, « Ngari virus is a Bunyamwera virus reassortant that can be associated with large outbreaks of hemorrhagic fever in Africa », J Virol, vol. 78, no 16,‎ , p. 8922–6 (PMID 15280501, PMCID 479050, DOI 10.1128/JVI.78.16.8922-8926.2004)
  4. ↑ Odhiambo C, Venter M, Limbaso K, Swanepoel R, Sang R, « Genome sequence analysis of in vitro and in vivo phenotypes of Bunyamwera and Ngari virus isolates from northern Kenya », PLOS ONE, vol. 9, no 8,‎ , e105446 (PMID 25153316, PMCID 4143288, DOI 10.1371/journal.pone.0105446 Accès libre, Bibcode 2014PLoSO...9j5446O)
  5. ↑ T. Briese, B. Bird, V. Kapoor, S. T. Nichol et W. I. Lipkin, « Batai and Ngari Viruses: M Segment Reassortment and Association with Severe Febrile Disease Outbreaks in East Africa », Journal of Virology, vol. 80, no 11,‎ , p. 5627–5630 (PMID 16699043, PMCID 1472162, DOI 10.1128/JVI.02448-05)
  6. ↑ (en) Alexander Plyusnin et Richard M Elliott, Bunyaviridae: molecular and cellular biology, Norfolk, UK, Caister Academic Press, (ISBN 9781904455905, OCLC 711044654)
  7. ↑ Antonio Ariza, Sian J. Tanner, Cheryl T. Walter, Kyle C. Dent, Dale A. Shepherd, Weining Wu, Susan V. Matthews, Julian A. Hiscox et Todd J. Green, « Nucleocapsid protein structures from orthobunyaviruses reveal insight into ribonucleoprotein architecture and RNA polymerization », Nucleic Acids Research, vol. 41, no 11,‎ , p. 5912–5926 (ISSN 0305-1048, PMID 23595147, PMCID 3675483, DOI 10.1093/nar/gkt268)
  8. ↑ S. Bilk, C. Schulze, M. Fischer, M. Beer, A. Hlinak et B. Hoffmann, « Organ distribution of Schmallenberg virus RNA in malformed newborns », Veterinary Microbiology, vol. 159, nos 1–2,‎ , p. 236–238 (PMID 22516190, DOI 10.1016/j.vetmic.2012.03.035)
  9. ↑ Emmanuel Bréard, Estelle Lara, Loïc Comtet, Cyril Viarouge, Virginie Doceul, Alexandra Desprat, Damien Vitour, Nathalie Pozzi et Ann Brigitte Cay, « Validation of a Commercially Available Indirect Elisa Using a Nucleocapside Recombinant Protein for Detection of Schmallenberg Virus Antibodies », PLOS ONE, vol. 8, no 1,‎ , e53446 (ISSN 1932-6203, PMID 23335964, PMCID 3546048, DOI 10.1371/journal.pone.0053446 Accès libre, Bibcode 2013PLoSO...853446B)
  10. 1 2 Sonja R. Gerrard, Li Li, Alan D. Barrett et Stuart T. Nichol, « Ngari virus is a Bunyamwera virus reassortant that can be associated with large outbreaks of hemorrhagic fever in Africa », Journal of Virology, vol. 78, no 16,‎ , p. 8922–8926 (ISSN 0022-538X, PMID 15280501, PMCID 479050, DOI 10.1128/JVI.78.16.8922-8926.2004)
  11. 1 2 3 M. Fausta Dutuze, Manassé Nzayirambaho, Christopher N. Mores et Rebecca C. Christofferson, « A Review of Bunyamwera, Batai, and Ngari Viruses: Understudied Orthobunyaviruses With Potential One Health Implications », Frontiers in Veterinary Science, vol. 5,‎ , p. 69 (ISSN 2297-1769, PMID 29707545, PMCID 5906542, DOI 10.3389/fvets.2018.00069 Accès libre)
  12. ↑ (en) M. T. Makenov, A. H. Toure, R. B. Bayandin, A. V. Gladysheva, A. V. Shipovalov, S. Boumbaly, N. Sacko, M. G. Korneev, S. A. Yakovlev, O. B. Zhurenkova et YaE Grigoreva, « Ngari virus (Orthobunyavirus, Peribunyaviridae) in ixodid ticks collected from cattle in Guinea », Acta Tropica,‎ , p. 2020.11.10.20228924 (DOI 10.1016/j.actatropica.2020.105790, S2CID 226307777, lire en ligne)
  13. ↑ (en-US) Martin Eiden, Ariel Vina-Rodriguez, Bezeid O. El Mamy, Katia Isselmou, Ute Ziegler, Dirk Höper, Susanne Jäckel, Anne Balkema-Buschmann, Hermann Unger, Baba Doumbia et Martin H. Groschup, « Ngari Virus in Goats during Rift Valley Fever Outbreak, Mauritania, 2010 - Volume 20, Number 12—December 2014 - Emerging Infectious Diseases journal - CDC », Emerging Infectious Diseases, vol. 20, no 12,‎ , p. 2174–2176 (PMID 25419696, PMCID 4257808, DOI 10.3201/eid2012.140787, lire en ligne)

Références biologiques

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