Nymphaea amazonum

Nymphaea amazonum est une espèce de plantes à fleurs de la famille des Nymphaeaceae. C'est un nénuphar originaire de la région s'étendant du Mexique à l'Amérique du Sud tropicale. Elle a été introduite au Bangladesh[1].

Description

Illustration botanique de Nymphaea amazonum tirée de "The waterlilies : a monograph of the genus Nymphaea" par Henry Shoemaker Conard.
Illustration botanique de Nymphaea amazonum.

Caractéristiques végétatives

Nymphaea amazonum est une herbe aquatique[2]. Il possède des rhizomes subcylindriques brun foncé à noirs, qui peuvent atteindre une longueur de 10 cm et une largeur de 3 cm[3]. Le limbe largement ovale-elliptique atteint 32 cm en longueur et 26 cm en largeur[4]. La nervation actinodrome sur le côté abaxial de la feuille mature présente des veines fortement proéminentes et arrondies[2]. Le pétiole mesure jusqu'à 8 mm de large et présente un anneau de trichomes vers l'apex[4].

Caractéristiques génératives

Illustration botanique de Nymphaea amazonum tirée de la publication "Die Natürlichen Pflanzenfamilien : nebst ihren Gattungen und wichtigeren Arten, insbesondere den Nutzpflanzen".

Les fleurs nocturnes flottent à la surface de l'eau[2]. Elles sont attachées à des pédoncules de 10 mm de large, qui présentent rarement un anneau de trichomes vers l'apex[4]. Le parfum floral fort a été dit ressembler à celui de Magnolia fuscata[5] un synonyme de Magnolia figo var. figo[6]. Il a également été qualifié de très agréable[7],[8],[9]. On dit également que le parfum ressemble à l'essence, au xylol[3],[4] benzène, PDB, térébenthine, benzol, xylène et acétone[4]. Les fruits sont produits très fréquemment[4]. On trouve jusqu'à 22000 graines dans un seul fruit[5]. Les graines ovoïdes mesurent 1,3 mm de long et 0,9 mm de large[3]. Elles sont lisses, pilosées et présentent des trichomes en lignes longitudinales continues[2].

Cytologie

Le nombre de chromosomes diploïdes est de 2n = 18[4].

Reproduction

Reproduction végétative

Nymphaea amazonum est stolonifère[4], mais ne produit pas de pseudanthia proliférante[2].

Reproduction générative

La dispersion des graines est hydrochore (c.-à-d. dispersion par l'eau) ou ornithochore (c.-à-d. dispersion par les oiseaux)[10].

Taxonomie

Nymphaea amazonum a été décrit pour la première fois par Carl Friedrich Philipp von Martius et Joseph Gerhard Zuccarini en 1832[1].

Spécimen type

Le spécimen type a été collecté au Brésil[4].

Placement au sein de Nymphaea

Il est placé dans le sous-genre Nymphaea du sous-genre Hydrocallis[4].

Sous-espèces antérieures

Nymphaea amazonum a été séparée en deux sous-espèces Nymphaea amazonum subsp. amazonum et Nymphaea amazonum subsp. pedersenii Wiersema[4]. Ce point de vue a ensuite été rejeté et Nymphaea amazonum subsp. pedersenii Wiersema a alors été traité comme une espèce distincte Nymphaea pedersenii (Wiersema) C.T.Lima & Giul. en 2021[1].

Conservation

À Porto Rico, aux États-Unis, Nymphaea amazonum est confronté à la destruction de l'habitat[11]. L'espèce est considérée comme étant en danger à Cuba, car elle est confrontée à la diminution et à la détérioration de ses habitats en raison des pratiques agricoles, de l'influence de la flore et de la faune exotiques, de l'élevage, de la sédimentation et de la pollution[12]. Dans la Liste rouge de la flore vasculaire de Guadeloupe de 2019, Nymphaea amazonum est listé comme data deficient (DD)[13].

Habitat

Dans le Pantanal, on la trouve dans des étangs permanents[14]. On la trouve également dans les lagunes et les canaux[15]. Nymphaea amazonum pousse dans des mélanges d'argile et de sable ou dans des sols sablonneux-quartzeux[12]. Les rhizomes de Nymphaea amazonum peuvent supporter des périodes de sécheresse dans des sédiments humides. Dans les plaines inondables de l'Amazone, il est confronté à la concurrence d'espèces de graminées aquatiques et semi-aquatiques[16].

Pollinisation

Cyclocephala castanea, un pollinisateur de Nymphaea amazonum[17].

Le fort parfum floral attire les coléoptères du genre Cyclocephala[18]. L'espèce de coléoptère Cyclocephala castanea pollinise les fleurs de Nymphaea amazonum[17].

Utilisations

Nymphaea amazonum est utilisé comme médicament et comme aliment[1]. Les rhizomes sont comestibles[14]. Il a la capacité d'absorber les pesticides cyhalothrine et imidaclopride présents dans l'eau[19],[20]. Il présente des propriétés antimicrobiennes dans le traitement des ulcères[21]. Les fleurs ont été utilisées dans le traitement de l'herpès et de l'érysipèle[22].

Culture

Nympheae amazonum est rarement cultivé [5].

Systématique

Le nom correct complet (avec auteur) de ce taxon est Nymphaea amazonum Mart. & Zucc.[23].

Ce taxon porte en français le nom vernaculaire ou normalisé suivant : Nénuphar[24],[25].

Nymphaea amazonum a pour synonymes[23] :

  • Castalia amazonum (Mart. & Zucc.) Britton & P.Wilson
  • Leuconymphaea amazonum (Mart. & Zucc.) Kuntze
  • Leuconymphaea goudotiana (Planch.) Kuntze
  • Nymphaea alboviridis A.St.-Hil.
  • Nymphaea amazonum f. goudotiana (Planch.) Casp.
  • Nymphaea amazonum var. amazonum
  • Nymphaea amazonum var. goudotiana (Planch.) Conard
  • Nymphaea blanda f. amazonum (Mart. & Zucc.) Planch.
  • Nymphaea blanda var. amazonum (Mart. & Zucc.) Planch.
  • Nymphaea blanda Hook.
  • Nymphaea foetida Gardn. ex Lehmann
  • Nymphaea foetida Gardner
  • Nymphaea foetida Gardner ex Planch.
  • Nymphaea goudotiana Planch.
  • Nymphaea integrifolia Salzm.
  • Nymphaea integrifolia Salzm. ex Planch.
  • Nymphaea integrifolia Salzmann ex Lehmann
  • Nymphaea nocturna March
  • Nymphaea nocturna March ex Hook.
  • Nymphaea rudgeana var. amazonum (Mart. & Zucc.) Griseb.

Références

  1. 1 2 3 4 (en) « Nympheae amazonum », sur Plant of the Word Online Kew (consulté le ).
  2. 1 2 3 4 5 (pt) « Nymphaea amazonum Mart. & Zucc. », sur Flora e Funga do Brasil (consulté le ).
  3. 1 2 3 A.L. Stoffers et J.C. Lindeman, Flora of Suriname, Brill, , 373–375 p. (ISBN 978-90-04-06062-3, lire en ligne), chap. Bd. 5,Teil 1.
  4. 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 Wiersema, J. H. (1987). A monograph of Nymphaea subgenus Hydrocallis (Nymphaeaceae). Systematic Botany Monographs, 1-112.
  5. 1 2 3 Henkel, F., Rehnelt, F., Dittmann, L. (1907). "Das Buch der Nymphaeaceen oder Seerosengewächse." p. 76. Germany: Henkel.
  6. ↑ Modèle:Cite POWO.
  7. ↑ (de) F. Otto et A. Dietrich, Allgemeine Gartenzeitung, Verlag der Nauck'sche Buchhandlung, (lire en ligne), chap. Bd. 24, p. 64.
  8. ↑ (de) L. Lóczy et Hungary. Földművelésügyi Minisztérium, Resultate der wissenschaftlichen Erforschung des Balatonsees, In Kommission von E. Hölzel, (lire en ligne), chap. Bd. 2, p. 7-PA33.
  9. ↑ (de) E. Otto et R. Mettler, Neue allgemeine deutsche Garten- und Blumenzeitung, R. Kittler, (lire en ligne), chap. Bd. 11, p. 4-PA78.
  10. ↑ (es) A. Lot, Catálogo de angiospermas acuáticas de México: hidrófitas estrictas emergentes, sumergidas y flotantes, Universidad Nacional Autónoma de México, coll. « Cuadernos del Instituto de Biología », (ISBN 978-968-36-7928-4, lire en ligne), p. 93.
  11. ↑ R.O. Woodbury, Rare and Endangered Plants of Puerto Rico: A Committee Report, U.S. Department of Agriculture, Soil Conservation Service, (lire en ligne), p. 61.
  12. 1 2 (es) A.J.U. Cruz, L. González-Oliva et R.N. Carbó, Libro rojo de la flora vascular de la provincia Pinar del Río, Universidad de Alicante, (ISBN 978-84-9717-061-1, lire en ligne), p. 317.
  13. ↑ « Nymphaea amazonum Mart. & Zucc., 1832 », sur Inventaire National du Patrimoine Naturel (consulté le ).
  14. 1 2 G.A. Damasceno-Junior et A. Pott, Flora and Vegetation of the Pantanal Wetland, Springer International Publishing, coll. « Plant and Vegetation », (ISBN 978-3-030-83375-6, lire en ligne), p. 710.
  15. ↑ A.H. Liogier et L.F. Martorell, Flora of Puerto Rico and Adjacent Islands: A Systematic Synopsis, Ed. de la Universidad, (ISBN 978-0-8477-0369-2, lire en ligne), p. 58.
  16. ↑ Wolfgang J. Junk et Maria Teresa F. Piedade, The Central Amazon Floodplain, vol. 126, Berlin, Heidelberg, Springer Berlin Heidelberg, , 147–185 p. (ISBN 978-3-642-08214-6, DOI 10.1007/978-3-662-03416-3_8), « Plant Life in the Floodplain with Special Reference to Herbaceous Plants ».
  17. 1 2 L. Kaufman, K. Mallory et New England Aquarium Corporation, The Last Extinction, MIT Press, (ISBN 978-0-262-61089-6, lire en ligne), p. 79.
  18. ↑ C.W. Heckman, The Pantanal of Poconé: Biota and Ecology in the Northern Section of the World's Largest Pristine Wetland, Springer Netherlands, coll. « Monographiae Biologicae », (ISBN 978-94-017-3423-3, lire en ligne), p. 178.
  19. ↑ N.K. Arora et N. Kumar, Phyto and Rhizo Remediation, Springer Nature Singapore, coll. « Microorganisms for Sustainability », (ISBN 978-981-329-664-0, lire en ligne), p. 98.
  20. ↑ J.A. Malik, Advances in Bioremediation and Phytoremediation for Sustainable Soil Management: Principles, Monitoring and Remediation, Springer International Publishing, (ISBN 978-3-030-89984-4, lire en ligne), p. 68.
  21. ↑ M. Rai et C.M. Feitosa, Eco-Friendly Biobased Products Used in Microbial Diseases, CRC Press, (ISBN 978-1-000-61466-4, lire en ligne), p. 39.
  22. ↑ (de) Deutscher Apotheker-Verein, Jahresbericht über die Fortschritte der Pharmacognosie, Pharmacie und Toxicologie, Vandenhoeck & Ruprecht, (lire en ligne), chap. Bd. 13, p. 39.
  23. 1 2 GBIF Secretariat. GBIF Backbone Taxonomy. Checklist dataset https://doi.org/10.15468/39omei accessed via GBIF.org, consulté le 30 juin 2024.
  24. ↑ MNHN & OFB [Ed]. 2003-présent. Inventaire national du patrimoine naturel (INPN), Site web : https://inpn.mnhn.fr, consulté le 30 juin 2024.
  25. ↑ Base de données mondiale de l'OEPP, https://gd.eppo.int, consulté le 30 juin 2024.

Voir aussi

Liens externes

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