Marc Freund-Valade

Marc Freund-Valade
Fonctions
Préfet de la Haute-Vienne
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Préfet de l'Aude
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Secrétaire général de la préfecture de la Charente
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Sous-préfet d'Aix-en-Provence
Sous-préfet d'Erstein
-
Biographie
Naissance
Décès
Nom de naissance
Marc Paul Freund
Nationalité
Formation
Activités
Autres informations
Distinctions
Archives conservées par
Archives nationales (F/1bI/769, 1073,AJ/40/542)[1]

Marc Freund-Valade, né à Schiltigheim le et mort à Vic-sur-Aisne le , est un haut fonctionnaire français et préfet de État français (1940-1944)

Son rôle comme Préfet de Vichy sous l'Occupation fut controversé, mais son intervention face au massacre d'Oradour-sur-Glane plaida en sa faveur.

Biographie

Paul Marc Freund est le fils du pasteur luthérien Georges Paul Freund et de Marie Marguerite Oberlin[2].

Il fait ses études de droit à Montpellier et Strasbourg et obtient, en 1921, le diplôme de l’Institut des hautes études internationales de l’université de Paris[2].

Successivement secrétaire particulier de Louis Marin, ministre des Pensions, et rédacteur à la Direction générale des affaires d’Alsace et de Lorraine à Paris, il est remarqué par le président Poincaré qui le fait nommer en 1928 sous-préfet d’Erstein (Bas-Rhin)[2].

Il se marie à La Roche-Chalais en Dordogne, le avec Jacqueline Valade, dont le père est industriel à La Roche. Il accole le nom de famille de son épouse au sien, pour éviter une confusion avec un sous-préfet homonyme[2].

Carrière professionnelle

Il est nommé directeur de cabinet de Pierre Roland-Marcel, préfet du Bas-Rhin en octobre 1930, puis en 1937 secrétaire général de la préfecture de la Charente[2]. Il est mobilisé le et devient attaché d’intendance auprès du général de Lattre de Tassigny[2].

Il est démobilisé en 1940 et nommé secrétaire général de la police à Nice[2]. Il devient préfet de l'Aude en 1942, puis préfet de la Haute-Vienne et de la région de Limoges, poste qu’il occupe jusqu'à la Libération[3].

Prise de position après le massacre d'Oradour-sur-Glane

Marc Freund-Valade est préfet de la Haute-Vienne lors de la destruction du village d'Oradour-sur-Glane et du massacre de 643 habitants par un bataillon de la division Das Reich de l'armée nazie. Il se rend avec l'évêque de Limoges, Louis Paul Rastouil, à Oradour, prescrit une journée de deuil, intervient vainement auprès de Vichy pour obtenir que les responsables militaires allemands soient punis[2]. L'allocution qu'il prononce lors des obsèques des victimes, le , dans laquelle il condamne le crime des Allemands, est transmise à Londres et aux États-Unis[2].

Après-guerre

À la Libération, Marc Freund-Valade est mis d'abord mis en expectative puis en disponibilité sans traitement à partir de décembre 1944, et révoqué le . Sa révocation est annulée par le Conseil d'État en [3]. Il bénéficie en d'une reconstitution de carrière, tout en étant admis à prendre sa retraite[3].

Il occupe des rôles de premier plan sous Vichy[2]. Fonctionnaire « intègre mais discipliné » du régime de Vichy selon l'historien Jean-Louis Panicacci[4], lorsqu'il est en poste à Nice, il applique les consignes gouvernementales, mais vient en aide à un couple belge et une cantatrice autrichienne.[réf. nécessaire] Par ailleurs, il autorise les enfants d'une maison d'accueil de Vence à sortir d'un camp d'internement et facilite la délocalisation de ce foyer en septembre 1943, dans la Creuse[2].

Les comités départementaux de libération de l'Aude et de la Haute-Vienne établissent des rapports sur son rôle durant la Seconde Guerre. Le 6 juillet 1945, la Commission départementale de contrôle, épuration, sélection de l'Aude écrit au juge d'instruction de Carcassonne[5] : "Considérant que M. Freund-Valade, en qualité de préfet de l'Aude, a fait interner 123 personnes, dont la liste fournie par les services de la préfecture, est jointe au présent rapport, propose pour atteinte à la liberté de Français et aux libertés publiques, l'arrestation immédiate et le transfert à Carcassonne de M. Freund-Valade, ex-préfet de l'Aude, en résidence à La Roche-Chalais (Dordogne)." Ce courrier est accompagné de plusieurs témoignages de résistants attestant que Marc Freund-Valade est responsable de la déportation André Morelli, procureur de la République de Carcassonne, qu'il a fait arrêter le 5 septembre 1943 par la Gestapo[6].

Le pasteur et résistant, Albert Chaudier, président du CDL de Haute-Vienne[7] rend un avis plus favorable. Le président de la sous-commission chargée de l'épuration des administrations centrales et du corps préfectoral d'épuration, Aimé Jeanjean, conclut que Freund-Valade n'a pas été « un préfet de combat »[8].

Protestantisme

Marc Freund-Valade est connu comme préfet protestant[8].
En 1954 il fait connaître au ministère de l'Intérieur son souhait de succéder à Robert Hoepffner à la présidence du Consistoire supérieur de l’Église de la Confession d’Augsbourg d’Alsace et de Lorraine[2]. Cependant sa candidature n'est pas retenue[9] et c'est Étienne Jung qui est désigné[10].

Distinctions

Références

  1. ↑ René Bargeton, Dictionnaire biographique des préfets (septembre 1870-mai 1982), Paris, Archives nationales, , 555 p. (ISBN 2-86000-232-4, BNF 35744170, lire en ligne).
  2. 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 Maurice Oster, François Boulet, Patrick Cabanel et Christian Wolff, « Freund-Valade, Marc », dans Patrick Cabanel et André Encrevé (dir.), Dictionnaire biographique des protestants français de 1787 à nos jours t. 2 D-G, Paris, Les Éditions de Paris/Max Chaleil, (ISBN 978-2-84621-288-5), p. 651-652.
  3. 1 2 3 4 René Bargeton, Intérieur. Dictionnaire biographique des préfets (septembre 1870-mai 1982) (Archives nationales, 1994, p. 450-451)
  4. ↑ Jean-Louis Panicacci, « Les Chrétiens dans la résistance européenne », dans Jean-Paul Pellegrinetti, La Méditerranée en passion. Mélanges d’histoire contemporaine offerts à Ralph Schor, Classiques Garnier, (ISBN 978-2-8124-4797-6), p. 575-591.
  5. ↑ Archives départementales de l'Aude. 123J135
  6. ↑ Martial Andrieu, « Marc Freund-Valde, autopsie dun préfet de l'Aude sous Vichy », sur Musique et patrimoine de Carcassonne, (consulté le )
  7. ↑ Pierre Bolle, François Boulet et Patrick Cabanel, « Chaudier, Albert », dans Patrick Cabanel et André Encrevé (dir.), Dictionnaire biographique des protestants français de 1787 à nos jours t. 1 A-C, Paris, Les Éditions de Paris/Max Chaleil, (ISBN 978-2-84621-288-5), p. 666
  8. 1 2 François Boulet, « Les préfets protestants 1940-1944 », Bulletin de la Société de l'histoire du protestantisme français, vol. 154,‎ , p. 550, 571-573 (lire en ligne, consulté le ).
  9. ↑ Il ne s'agit pas d'une élection de la part de l'Église, mais d'une nomination.
  10. ↑ Georges Foessel, Maurice A. Oster et Bernard Vogler, in Nouveau dictionnaire de biographie alsacienne, n° 19, p. 1842
  11. ↑ Décret du 2 juillet 1974 publié au Journal officiel le 9 juillet 1974, p. 7165

Annexes

Bibliographie

Document utilisé pour la rédaction de l’article : document utilisé comme source pour la rédaction de cet article.

  • François Boulet, « Les préfets protestants (1940-1944) », Bulletin de la Société de l'histoire du protestantisme français, no 154, octobre-décembre 2008, p. 560-565, [lire en ligne]
  • Le Figaro, 11-12 mai 1957
  • Bernard Fischbach, Oradour. L'extermination, Strasbourg, Oberlin, 2001, 225 p. (ISBN 978-2853692267)
  • La libération de Limoges 21 août 1944. Recueil de textes historiques, Société archéologique et historique du Limousin, 1994
  • Maurice A. Oster, « Marc Freund, dit Freund-Valade », Nouveau Dictionnaire de biographie alsacienne, vol. 12, p. 1027 Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Maurice Oster, François Boulet, Patrick Cabanel et Christian Wolff, « Freund-Valade, Marc », dans Patrick Cabanel et André Encrevé (dir.), Dictionnaire biographique des protestants français de 1787 à nos jours t. 2 D-G, Paris, Les Éditions de Paris/Max Chaleil, (ISBN 978-2-84621-288-5), p. 651-652. Ouvrage utilisé pour la rédaction de l'article
  • Jean-Claude Streicher, Ces Alsaciens qui ont infiltré Vichy, Colmar, Jérôme Do Bentzinger, 2018, 250 p. (ISBN 9782849606605)
  • (de) « “Wir sind doch keine Russen”: vergilbte Dokumente widerlegen Lügen und Legenden über Oradour », Frankfurter Zeitung, juillet 1994

Archives

  • Marc Freund-Valade, rapport sur son activité 1939-1944 au commissaire de la République, , dact., archives familiales
  • Freund, dit Freund-Valade, Marc Paul France Archives, dossier F/1bI/769

Articles connexes

Liens externes

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