Manfred Roeder

Manfred Roeder, né le et mort le , est un avocat allemand, considéré comme négationniste de l'Holocauste et jugé comme terroriste néonazi.

Biographie

Il fréquente l'Institut national d'éducation politique de Plön et participe à la bataille de Berlin en 1945 et, après la Seconde Guerre mondiale, devient membre du parti allemand CDU[1],[2]. Après avoir quitté le parti, il forge des liens avec l'extrême droite, en Allemagne et à l'étranger, y compris le Ku Klux Klan[3].

En 1971, il est l'avocat de Rudolf Hess, et devient révisionniste[4]. En 1973, il écrit l'avant-propos du livre négationniste Le Mensonge d'Auschwitz de Thies Christophersen[5]. Il organise la première manifestation pour la libération de Rudolf Hess en 1974 pour son 80e anniversaire.

En 1980, les Deutsche Aktionsgruppen (organisations néonazies qu'il a fondées), attaquent des bâtiments qui abritent des travailleurs étrangers et des demandeurs d'asile[6],[7]. Deux Vietnamiens sont tués[8]. Roeder est condamné à 13 ans de prison[9] en 1982, puis libéré en 1990, aux deux tiers de sa peine[10].

En 1996, à Erfurt, il saccage une exposition détaillant le rôle de la Wehrmacht dans l'Allemagne nazie. Il est poursuivi et condamné à une amende de 4 500 Deutsche Mark pour les dégâts matériels[11].

En 1997, le programme d'actualité britannique Panorama révèle qu'en 1995, Roeder a été invité, en tant que conférencier, à l'Académie de formation des officiers militaires allemands à Hambourg[12]. Ce scandale, ainsi que le fait que Roeder a reçu des dons financiers de l'armée, conduit au limogeage du commandant de l'académie.

En 1998, à Stralsund, Roeder est candidat aux élections régionales sous l'étiquette du parti d'extrême droite NPD, se présentant comme « Chancelier alternatif 1998 ». Sans succès[12].

En mai 2005, Roeder retourne en prison. Il meurt le , à l'âge de 85 ans[13].

Notes et références

  1. ↑ (de) „Porno-Anwalt“ als Größe der Neonazis « https://www.webcitation.org/6Uxx4wwKf?url=http://www.morgenweb.de/pdf/ba/175_Schlagzeilen.pdf »(Archive.org • Wikiwix • Archive.is • Google • Que faire ?), Bergsträßer Anzeiger, 7 July 2007. (Large pdf)
  2. ↑ Anti-Roeder-Arbeitskreis, NSDAP-Propagandisten unter der Lupe – Dokumentation, Hamburg 1978, p. 20 (German)
  3. ↑ Detlef Junker, Philipp Gassert and Wilfried Mausbach, The United States and Germany in the era of the Cold War, 1945-1990, vol. 2, Cambridge University Press, , 497–498 p. (ISBN 9780521834209)
  4. ↑ Roeder, Manfred. In: Wolfgang Benz (Hrsg.): Handbuch des Antisemitismus: Judenfeindschaft in Geschichte und Gegenwart. Band 2: Personen. De Gruyter, Berlin 2009, S. 689–671.
  5. ↑ Karl Bänke: Das Völkische in Herrn Roeder. In: Bergsträßer Anzeiger, 10. Juli 1971.
  6. ↑ David Charters, The deadly sin of terrorism: its effect on democracy and civil liberty in six countries, Greenwood, (ISBN 9780313289644), p. 47
  7. ↑ Lee Griffith, The war on terrorism and the terror of God, Wm. B. Eerdmans, (ISBN 9780802828606), p. 53
  8. ↑ (de) Bundeswehr will im Fall Roeder hart durchgreifen Die Welt, 8 December 1997.
  9. ↑ Rand C. Lewis, The Neo-Nazis and German Unification, Greenwood, (ISBN 9780275956387), p. 25 Preview sur Google Livres.
  10. ↑ « Four German neo-Nazis sentenced », UPI,‎ (lire en ligne, consulté le )
  11. ↑ (de) Die Wehrmachtsausstellung zwischen Krawallen und Kritik Der Spiegel, 27 November 2001.
  12. 1 2 (de) Ein notorisch Rechtsextremer will nach Bonn Andreas Baumann, Die Welt, 18 September 1998.
  13. ↑ (de) « Rechtsextremist Roeder starb 85-jährig in Neukirchen | Politik », Hna.de, (consulté le )

Voir aussi

Articles connexes

Liens externes

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