François Cuzin

François Cuzin
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Biographie
Naissance
Décès
(à 29 ans)
Signes
Nationalité
Formation
Activités
Parentèle
Pierre-Louis Bianconi (d) (grand-père maternel)

François Cuzin, né le à Dolomieu (Isère) et mort le à Signes (Var), est un enseignant et résistant français de la Seconde Guerre mondiale.

Biographie

François Cuzin fait ses études secondaires au lycée Ampère à Lyon puis au lycée Lakanal à Paris. Reçu premier au concours de l'École normale supérieure (ENS), il sort deuxième de sa promotion (L 1936)[1] et obtient la troisième place à l'agrégation de philosophie en 1943 (dans les faits, il est classé deuxième, mais Tran Duc Thao classé premier ex aequo est placé hors rang en raison de sa nationalité vietnamienne)[2]. Il adhère aux Jeunesses communistes puis s'en éloigne lors du pacte germano-soviétique. Le , il écrit une lettre au directeur de l'ENS, Jérôme Carcopino, normalien lui-aussi, qui vient d'être nommé secrétaire d'État à l'Éducation nationale, pour protester contre l'interdiction faite aux étudiants juifs de se présenter au concours de l'école[3]. En 1941 à Paris, il est mis en relation par Maurice Merleau-Ponty, qui a été son répétiteur à l'ENS, avec Jean-Paul Sartre et Jean-Toussaint Desanti, camarade de khâgne. Il entre dans leur petit groupe de résistance, qui publie Sous la Botte et va devenir "Socialisme et Liberté"[4],[5].

François Cuzin a son premier poste d'enseignement en 1941 au lycée de Toulon. Il entre dans le mouvement Franc-Tireur et y participe aux travaux de la commission de réflexion sur la presse[6].

Nommé à la rentrée 1942 à Digne au lycée Gassendi[7], il devient le chef départemental de Franc-Tireur, sous le pseudo Étienne[8]. Il participe à la direction des Mouvements unis de la Résistance (MUR) et de l'Armée secrète (AS), et est chargé du service de renseignements des MUR, en liaison avec Franck Arnal, son chef régional à Toulon[9]. Il participe à Lyon au Comité national des intellectuels de la zone sud et est nommé membre du Comité départemental de libération (CDL) des Basses-Alpes[10]. En , il met en place le Comité de libération de Digne[11].

C'est en venant à une réunion du CDL qu'il tombe le dans un guet-apens monté par les Allemands à Oraison. Conduit au siège de la Gestapo à Marseille, il y est torturé. Transporté au « Vallon des Fusillés » à Signes dans le Var, il est abattu le avec vingt huit de ses camarades, sans avoir pu laisser d’œuvre littéraire véritable[12].

René Char, aux côtés duquel François Cuzin a combattu, évoque dans un article du journal Le Monde en date du , soit vingt-cinq ans après sa disparition, celui qui, pour le poète, "fut, par nature et par sentiment, la Résistance même".

François Cuzin, né à Dolomieu dans la maison de son oncle le mathématicien Élie Cartan, y repose dans la sépulture familiale. Il était le cousin-germain du mathématicien Henri Cartan et du physicien Louis Cartan, exécuté lui aussi par les Allemands.

Décoration

Écrits

  • Situation du Surréalisme, 19 p., Revue de la renaissance française, no 20,
  • Notes sur la mort d'autrui, posthume, Revue de métaphysique et de morale, no 4, octobre-

Lieux mémoriaux

Sources

  • Notice sur Jean-Toussain Desanti, Annuaire de l'Association de secours des anciens de l'École normale supérieure, 2004
  • Été 1944 : la Résistance et la Libération dans les Basses-Alpes, "Quelques chefs résistants dans les Basses-Alpes", Archi'classe, no 5,
  • G. Gardien, "François Cuzin, martyr de la Résistance", www.dolomieu.fr/histoire/cuzin.htm
  • Colloque Des intellectuels dans la résistance : François Cuzin, Jean Cavaillès, Toulon, .

Notes et références

  1. ↑ « L'annuaire », sur ens.fr (consulté le ).
  2. ↑ « Les agrégés de l'enseignement secondaire. Répertoire 1809-1960 | Ressources numériques en histoire de l'éducation », sur rhe.ish-lyon.cnrs.fr (consulté le )
  3. ↑ Marc-Olivier Baruch, Colette Brull et Jacques Ullmann, Quand l'État français était antisémite, le statut des Juifs et l'exclusion, 2007, en ligne
  4. ↑ David Drake, Sartre et le Parti communiste français après la libération, note 32, Sens [public], 2006
  5. ↑ Annuaire de l'Association de secours des anciens de l'École normale supérieure, 2004
  6. ↑ Jean-Marie Guillon, La résistance dans le Var, dans Toulon, le Var, Histoire, 2004
  7. ↑ Aujourd'hui collège Pierre Gassendi
  8. ↑ V. le colloque de Toulon, 2004.
  9. ↑ Id.
  10. ↑ Aujourd'hui Alpes de Haute-Provence
  11. ↑ G. Gardien
  12. ↑ Stéphane Israël, historien de l'ENS, Les normaliens dans la tourmente (1939-1945), Éditions Rue d'Ulm, Paris, en ligne
  13. ↑ « Accueil - Mémoire des hommes », sur www.memoiredeshommes.sga.defense.gouv.fr (consulté le )
  14. ↑ « Bibliothèque Cuzin », sur pantheonsorbonne.fr (consulté le ).
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