Boulevard Washington

Boulevard Washington
Image illustrative de l’article Boulevard Washington
Le boulevard Washington sous la neige.
Situation
Coordonnées 48° 52′ 24″ nord, 2° 13′ 03″ est
Pays Drapeau de la France France
Région Île-de-France
Ville Suresnes
Début Rue Paul-Vaillant-Couturier à Nanterre
Fin Boulevard du Maréchal-de-Lattre-de-Tassigny
Morphologie
Type Boulevard
Histoire
Anciens noms Route stratégique

Le boulevard Washington est une voie publique de la commune de Suresnes, dans le département français des Hauts-de-Seine.

Situation et accès

Orienté du nord au sud, il commence son tracé dans l'axe de la rue Paul-Vaillant-Couturier, à Nanterre. Il se termine au carrefour de la rue Cluseret, de l'avenue des Landes, de l'avenue de la Fontaine-du-Tertre, dans le prolongement du boulevard du Maréchal-de-Lattre-de-Tassigny.

Le boulevard Washington est desservi par la gare de Suresnes-Mont-Valérien, sur la ligne L du Transilien (réseau Paris-Saint-Lazare) et la ligne U (La Défense - La Verrière).

Origine du nom

Cette voie, qui portait depuis le milieu du XIXe siècle le nom de « route stratégique », est renommée en 1917 en l'honneur de George Washington (1732-1799), premier président des États-Unis d'Amérique, lors de l'aménagement du cimetière américain de Suresnes sur ses hauteurs, où sont enterrés plus de 1500 soldats de la Première Guerre mondiale[1],[2].

Historique

Ancienne photo, à l'époque de la « route stratégique ».
Idem.
Au croisement avec la rue du Mont-Valérien (actuellement avenue Franklin-Roosevelt).

Au XVIIe siècle, une partie du tracé de l'actuelle voie constitue la limite occidentale du vaste domaine du « clos des Seigneurs », également borné, dans le sens des aiguilles d'une montre, par la rue du Fécheray, l'avenue Franklin-Roosevelt, la rue Merlin-de-Thionville, la rue Desbassayns-de-Richemont et la rue du Calvaire, et qui appartient à l'abbaye de Saint-Germain-des-Prés. Sa production viticole est réservée à l'aristocratie et aux prélats importants. Vendu comme bien national à la Révolution, le site est loti au XIXe siècle[3],[4],[5]. Un peu plus au nord, parallèlement, entre le boulevard (limite ouest), la rue de la Gauchère, la rue Carnot et l'avenue Franklin-Roosevelt, se trouvait le clos Cottin, puis « clos des Ermites », où les religieux du mont Valérien cultivaient un potager et des arbres fruitiers ; ils l'acquièrent en 1788 mais le site est aussi déclaré bien national à la Révolution. La rue voisine du Clos-des-Ermites conserve le souvenir de cette propriété éphémère[6].

Le boulevard est situé sur le plateau sud de Suresnes, entre l'actuelle cité-jardin et la forteresse, surplombant par ailleurs l'ancien village de Suresnes (actuel centre-ville). Jusqu'au milieu du XXe siècle, le quartier le bordant est l'un des derniers territoires agricoles de la commune, comme en témoigne encore le nom de ses rues (des Bons-Raisins, des Vignes, etc.). On y trouvait aussi le château des Landes, détruit en 1870, des carrières et des tuileries[7].

La forteresse du Mont-Valérien est construite dans les années 1840. Une route stratégique aménagée en contrebas le relie aux autres forts qui entourent Paris[8],[9]. Cette route stratégique est renommée boulevard Washington en 1917[2].

En 1939, le maire SFIO de Suresnes Henri Sellier renomme une partie de la rue du Mont-Valérien « avenue Franklin-Roosevelt », autre président américain, en fonction à l'époque, la voie aboutissant boulevard Washington. Durant sa mandature, parmi d'autres projets, l'élargissement du boulevard est envisagé mais la Seconde Guerre mondiale interrompt les travaux engagés[10].

En août 1940, au début de l'Occupation, les gardes du bois de Boulogne, forcés de quitter leur logement, sont installés de façon provisoire quai Gallieni et au no 61 du boulevard[11].

Après-guerre, sa partie méridionale, qui allait jusqu'au carrefour de la Croix-du-Roy[12], est scindée en deux parties, qui sont renommées « rue du Docteur-Marc-Bombiger » et « boulevard du Maréchal-de-Lattre-de-Tassigny »[2],[13].

En 2024, une piste cyclable est aménagée sur le boulevard Washington[14].

Le 24 juillet 2024, dans le cadre des JO, la flamme olympique traverse le boulevard grâce à plusieurs relayeurs, depuis la forteresse jusqu'au mémorial du Mont-Valérien[15],[16].

Bâtiments remarquables et lieux de mémoire

La terrasse du Fécheray.
La table d'orientation.

Au cinéma

  • Dans le film Le Tatoué (1968), une scène est tournée au niveau du boulevard, la voiture de Jean Gabin arrivant de l'avenue Franklin-Roosevelt, avec la tour Eiffel en arrière-plan[25].

Notes et références

  1. ↑ Département des Hauts-de-Seine, « Découverte du cimetière américain de Suresnes », sur YouTube, (consulté le ).
  2. 1 2 3 4 Suresnes, ses lieux dits et ses rues vous parlent, Société historique de Suresnes, 1968, p. 49.
  3. ↑ René Sordes, Histoire de Suresnes : Des origines à 1945, Société historique de Suresnes, 1965, p. 113-117 et 554.
  4. ↑ Francis Prévost, Histoires de Suresnes, Suresnes Information, 1989, p. 47.
  5. ↑ Michel Hebert et Guy Noël, Suresnes, coll. « Mémoire en images », t. 1, Éditions Alan Sutton, 1995, p. 38.
  6. ↑ René Sordes, Histoire de Suresnes : Des origines à 1945, Société historique de Suresnes, 1965, p. 246-247.
  7. ↑ Michel Hebert et Guy Noël, Suresnes, coll. « Mémoire en images », t. 1, Éditions Alan Sutton, 1995, p. 63.
  8. ↑ Michel Hebert et Guy Noël, Suresnes, coll. « Mémoire en images », t. 1, Éditions Alan Sutton, 1995, p. 13.
  9. ↑ Préfecture de la Région d'Ile-de-France, « Aire de mise en Valeur de l'Architecture et du Patrimoine » [PDF].
  10. ↑ René Sordes, Histoire de Suresnes : Des origines à 1945, Société historique de Suresnes, 1965, p. 545-547.
  11. ↑ René Sordes, Histoire de Suresnes : Des origines à 1945, Société historique de Suresnes, 1965, p. 581.
  12. ↑ Société générale des plans indicateurs Cartographe, « Planimètre des villes de Nanterre, Suresnes, Puteaux, Rueil », sur Gallica, (consulté le ).
  13. ↑ Suresnes, ses lieux dits et ses rues vous parlent, Société historique de Suresnes, 1968, p. 33.
  14. ↑ « La rue est à tous : bonnes pratiques pour les cyclistes », suresnes.fr, consulté le 25 mai 2024.
  15. ↑ « Le passage de la flamme à Suresnes », suresnes.fr, consulté le 20 juillet 2024.
  16. ↑ « Relais de la flamme olympique à Suresnes », suresnes.fr, consulté le 26 juillet 2024.
  17. ↑ Étymologie du nom du Mont Valérien par Alain Dubrana
  18. ↑ René Sordes, Histoire de Suresnes : Des origines à 1945, Société historique de Suresnes, 1965, p. 32-33.
  19. ↑ « Cimetière militaire américain », tourisme92.com, consulté le 12 novembre 2019.
  20. ↑ René Sordes, Histoire de Suresnes : Des origines à 1945, Société historique de Suresnes, 1965, p. 15.
  21. ↑ René Sordes, Histoire de Suresnes : Des origines à 1945, Société historique de Suresnes, 1965, p. 544-545.
  22. ↑ René Sordes, Histoire de Suresnes : Des origines à 1945, Société historique de Suresnes, 1965, p. 571.
  23. ↑ « Suresnes Auto-Rétro », suresnes.fr, consulté le 10 septembre 2024.
  24. ↑ Francis Prévost, Histoires de Suresnes, Suresnes Information, 1989, p. 182-187.
  25. ↑ « Suresnes (92) - Lieu de tournage du "Tatoué" (Denys de La Patellière, 1967) », autourdelouisdefunes.fr, consulté le 28 juillet 2022.

Voir aussi

Bibliographie

  • Octave Seron, Suresnes d'autrefois et d'aujourd'hui, Le Livre d'histoire (rééd. 2000), 1926.
  • René Sordes, Histoire de Suresnes : Des origines à 1945, Société historique de Suresnes, 1965.
  • Suresnes, ses lieux dits et ses rues vous parlent, Société historique de Suresnes, 1968.
  • Francis Prévost, Histoires de Suresnes, Suresnes Information, 1989.
  • Michel Hebert et Guy Noël, Suresnes, t. 1, Éditions Alan Sutton, coll. « Mémoire en images », .
  • Michel Hebert et Guy Noël, Suresnes, t. 2, Éditions Alan Sutton, coll. « Mémoire en images », .

Articles connexes

Liens externes

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