Édouard Mazé

Édouard Mazé
Édouard Mazé dans L'Humanité du 20 avril 1950.
Biographie
Naissance
Décès
Nationalité
Activité

Édouard Mazé (1924-1950) est un ouvrier. Il est né le 2 juillet 1924 à Gelsenkirchen en Allemagne (territoires occupés). Célibataire, il était manœuvre chez Sainrapt et Brice, et militant CGT. Il fut tué à l'âge de 26 ans par les forces de l'ordre d’une balle en pleine tête lors d'une manifestation réunissant ouvriers du bâtiment, dockers et classe ouvrière, le à Brest.

Biographie

Fils du cheminot résistant Ernest Mazé (1896-1979) et de la couturière Marie Lamour (1897-1979), Édouard Mazé est le benjamin d’une fratrie de 3 frères, avec Pierre (1921-2005), l’aîné, et Ernest (1923-2020), syndicaliste, communiste et résistant, le cadet.

Contexte

Ce drame intervient dans une période de grèves pour de meilleurs salaires débutées en février 1950 dans les usines de Renault-Billancourt, puis s'étendant à d'autres secteurs, ainsi que dans les entreprises publiques et les ports où a lieu en particulier la grève des dockers de 1949-1950 en France.

La situation se dégrade, notamment à Brest où 8000 travailleurs sont employés à la reconstruction de la ville. À la suite d'une manifestation agitée le 16 avril 1950, réunissant 1 000 à 2 000 ouvriers, des responsables du parti communiste et de la CGT sont arrêtés[réf. nécessaire]. Le lendemain , la CGT décrète la grève générale et, en fin d'après-midi, les gendarmes tirent sur des manifestants, faisant vingt-trois blessés, dont huit grièvement, et touchant mortellement un manifestant, Édouard Mazé, 26 ans[1], au 7 de la rue Kerabecam.

Plaque commémorative posée à l’endroit où Edouard Mazé fut tué, au 7, rue Kerabecam à Brest
Plaque commémorative posée à l’endroit où Edouard Mazé fut tué, au 7, rue Kerabecam à Brest

Retentissement

Les obsèques ont lieu le [2]. Un cortège de plus de 5 000 personnes[1] accompagne les proches de l'ouvrier sur la tombe duquel figure l'épitaphe « Mort pour le pain, la paix et la liberté ». La mort du syndicaliste a motivé pour une part la démission, le , de l'abbé Pierre du MRP dont il était l'un des députés[3].

L'enquête lancée à la suite de ce drame — au cours duquel un autre militant, Pierre Cauzien, est grièvement blessé[4] — a abouti à un non-lieu, le coupable n'ayant pu être identifié « avec certitude »[1].

Les événements ayant conduit à la mort de Édouard Mazé ont inspiré le cinéaste René Vautier qui y a consacré son film Un homme est mort (film disparu[5]) ainsi que le groupe de chansonniers bretons Les Goristes qui a sorti une chanson nommée Le , Edouard Mazé[6] et dédiée à « Edouard Mazé et Pierre Cauzien et tous les autres ».

Hommages

Bibliographie

Un homme est mort qui n’avait pour défense

Que ses bras ouverts à la vie

Un homme est mort qui n’avait d’autre route

Que celle où l’on hait les fusils

Un homme est mort qui continue la lutte

Contre la mort contre l’oubli

…

Le cinéaste René Vautier, pour pallier l’absence de sonorisation de son film réalisé lors des obsèques d'Édouard Mazé, utilisera ce poème comme voix off en remplaçant dans le texte « Gabriel Péri » par « Édouard Mazé ».

Filmographie

  • Un homme est mort, un long métrage d'animation de Olivier Cossu de 2017 basé sur la bande dessinée d'Étienne Davodeau

Place et plaque de rue

La mémoire d'Édouard Mazé est honorée à Brest par une place à son nom[8] et une stèle.

Une rue du nom d´Édouard Mazé est inaugurée le (en même temps qu´une rue Jules Génovesi) à Saint-Denis[9].

Notes et références

  1. 1 2 3 Michel Pigenet, « Février-mai 1950, le rebond des grèves en France », L'Humanité Dimanche, no 696,‎ 20-27 février 2020, p. 77-81.
  2. ↑ « Les ouvriers ont assisté en tenue de travail cet après-midi aux obsèques de leur camarade Edouard Mazé », Le Monde.fr,‎ (lire en ligne, consulté le )
  3. ↑ « Patrimoine. Hommage à Édouard Mazé, tué par balle », sur letelegramme.fr.
  4. ↑ « Obsèques de Pierre Cauzien. L'adieu à une figure », sur letelegramme.fr, 16 avril 2009.
  5. 1 2 Fiche sur film-documentaire
  6. ↑ Site goristes
  7. ↑ Régis Delanoë, « Édouard Mazé, un homme est mort », sur 20 Minutes, .
  8. ↑ « Avril 1950, mort d’Edouard Mazé : son frère Pierre témoigne », sur letelegramme.fr, .
  9. ↑ « Notice descriptive », sur archives.ville-saint-denis.fr (consulté le ).

Liens externes

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